Bonjour ! Le mois dernier, dans le cadre du concept de « l’interview en chaîne », Lucas Biela m’a proposé de m’entretenir avec la talentueuse et imprévisible Teradélie. Une invitation qui tombe à pic puisque la chanteuse, interprète, compositrice et multi-instrumentiste vient tout juste de publier un nouvel album : Seasonal Healing Songs, produit en collaboration avec le guitariste américain John Marcell. Une œuvre relaxante et subtile, qui prolonge singulièrement le long fil de créations musicales que l’artiste lilloise tisse depuis bientôt 30 ans. Aujourd’hui, nous allons essayer avant tout de décrypter les intentions profondes de cet album, tout en étudiant la place qu’il occupe au sein de cet univers que sa génitrice a nommé Cosmogony.
Pour vous ambiancer, vous pouvez écouter et vous procurer Seasonal Healing Songs sur Bandcamp ainsi que sur les plateformes de streaming.
Contact
1/ Guillaume : Bonjour Teradélie, commençons par le plus important : comment vas-tu ?
Teradélie : Bien. Ravie d’avoir sorti ce dernier album et d’avoir la perspective d’obtenir des dates de concerts en duo piano/voix pour le jouer live.
2/ C’est Lucas Biela qui m’a proposé de te contacter. Il savait que nous nous connaissions un peu donc il a trouvé intéressant de provoquer cette interview – ou tout du moins de la prioriser. Du coup, pour faire la transition, j’ai d’abord envie de te parler du rôle des chroniqueurs musicaux, et des limites de la presse spécialisée en matière de “soutien d’artiste”. Est-ce que, au cours de ta carrière, tu as l’impression d’avoir été bien traitée à ce sujet ?
Localement oui, j’ai eu de la couverture. Nationalement, pas grand-chose à part quelques lignes pour une première partie d’Anne Clark. Sur des webzines à l’international, quelques chroniques également. C’est un peu toujours pareil : si tu ne fais pas l’actualité avec des gros titres et du buzz, on ne parle pas de toi. Peu importe la qualité artistique de ton travail.
Néanmoins, le fait de passer régulièrement dans les émissions radio de Lucas sur ISKC a apporté de nouveaux auditeurs – et même acquéreurs – de certains albums hors des frontières.
3/ Par ailleurs, est-ce que les articles qui concernent ton travail ont – ou ont pu avoir – une influence réelle sur tes créations ultérieures ?
Non.

Le Chant des Saisons
4/ Venons-en maintenant à ta dernière proposition, le très envoûtant Seasonal Healing Songs, qui est paru en mars dernier (2026). Une musique épurée, douce, à vocation thérapeutique, mais qui a l’avantage d’éviter les pièges de l’ambient pure, linéaire. C’est là pour moi la grande force de cet album : rester cohérent avec la promesse du titre tout en proposant de belles idées de composition et de sound design. Pour commencer, peux-tu nous raconter l’origine et les intentions principales de ce projet ?
Alors le tout départ : suite à une chute d’un escabeau en avril 2025 avec comme résultat de très gros hématomes au niveau de l’abdomen, j’ai dû rester tranquille pendant plusieurs mois en évitant tout effort. Je me suis donc remise au piano.
En octobre, John Marcell est revenu vers moi car il voulait ajouter quelques titres à l’album Nous sommes Tous Un sur lequel j’avais contribué principalement avec des textes en français et des voix.
En novembre 2025, il m’a demandé si je voulais bien ajouter du texte sur un morceau composé avec l’un de ses amis musiciens, Gary Davenport : Into the night.
Je lui ai dit que, comme en ce moment j’étais très piano, j’y mettrais également des parties de piano improvisées si ça ne les gênait pas. Ils ont gardé quelques petites idées, qu’ils ont placées ici et là.
En écoutant en solo les 2 pistes de piano improvisées que j’avais faites pour ce morceau, je les ai trouvées super et j’ai donc décidé d’en faire un nouveau titre. Et c’est ainsi qu’est né Psithurisme, le premier morceau de l’album.
Je pense aussi que c’était le bon moment pour aligner mes 2 activités, qui sont complémentaires et se nourrissent l’une de l’autre : la musique et le travail sur les énergies (musicothérapie et magnétisme). Je voulais un album qui permette de se relaxer complètement, de relâcher les tensions, de méditer pour celles ou ceux qui le souhaitent, le tout en utilisant peu d’instruments : le piano, la voix et la guitare atmosphérique principalement.
Je voulais aussi un maximum d’improvisation, avec une seule prise pour chaque instrument afin de préserver la fraîcheur, l’essence de l’ambiance.
Un album à écouter toute l’année avec des morceaux saisonniers, un album fluide qui coule, léger, paisible, où l’on peut se ressourcer à chaque instant au gré de ses humeurs et envies.

5/ Comment s’est formalisée la collaboration avec John Marcell ? Peux-tu nous expliquer vos rôles respectifs sur l’ensemble du processus de création de l’album ?
Je connais John depuis très longtemps, nous avons déjà fait plusieurs titres ensemble. C’est un grand adepte de Fripp, des boucles de guitare « ambient », des impros, et il est également très axé sur le spirituel. Il avait le « profil idéal » pour collaborer sur cet opus.
Concernant nos méthodes, j’envoyais à John les morceaux en cours (avec la structure, le piano, la voix, les percus) en lui précisant en une ou deux phrases le thème et l’ambiance du titre quand cela était nécessaire. Et je le laissais créer ses boucles et parties de guitare. Ensuite, je faisais le tri ou pas… parfois je lui ai demandé d’essayer des choses ou de trouver une autre idée… Mais la plupart du temps, il était « dedans ». Donc on peut dire que c’est un album qui s’est fait tout seul. Nous avons beaucoup travaillé à l’impro, au feeling, sans nous poser de contraintes.

6/ Est-ce que tu avais en tête des inspirations précises pour ce disque ? Ou disons : des influences officielles ?
Je pense que certaines influences comme Poulenc, Satie, Sakamoto voire Debussy ont tranquillement émergé, principalement dans les atmosphères et couleurs… et c’est aussi ce qui est venu au piano.
7/ À propos d’inspiration, parlons peut-être d’expiration, de respiration, de souffle, de magnétisme… et finalement de ta voix. Sa présence sur ce disque semble s’accorder avec le souhait de vouloir “guider la vie et le soin” jusqu’aux oreilles des auditeurs. C’est en vérité un axe de travail que tu poursuis depuis déjà longtemps mais qui trouve ici une résonance parfaite. De par ton expérience concrète sur ce sujet, sur quels leviers thérapeutiques ta voix peut-elle agir ? Et à l’inverse, est-ce que chanter — et libérer ton souffle — peut aussi être un moyen de t’apaiser et de te guérir toi-même ?
En fait, comme tu as pu le remarquer, la voix sur cet album n’est pas proéminente, elle est utilisée plus comme un simple instrument qui donne une direction subtile, qui emmène doucement vers des paysages sonores et donc des fréquences. Certaines fréquences ont le pouvoir d’agir sur la douleur, les tensions, et la voix est le parfait instrument pour délivrer ces fréquences. J’ai pu le constater dans des ateliers avec des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ; la voix permet de créer un lien spécifique, elle apaise et favorise un échange interactif puisque je leur propose également de chanter. Y a un côté libératoire dans la voix ou le cri (qui est aussi utilisé dans certaines thérapies) et c’est un instrument que tout le monde possède. Certaines fréquences agissent plus que d’autres, évidemment. Avec ma musique c’est pareil : l’album Zalanguie (quintet de cordes, piano et voix) a notamment un effet d’accompagnement dans les soins palliatifs ou les états dépressifs. Quand je pratique une séance de magnétisme, j’utilise toujours ma musique en fond sonore pendant la totalité de la séance.
La musique et le chant, qui est mon premier instrument, sont présents chez moi du matin au soir… donc oui, suivant mes humeurs je vais écouter, chanter ou pas sur la musique d’artistes que j’aime – soit pour m’amuser, soit pour canaliser, évacuer… Quant au souffle, je parlerai plutôt de respiration abdominale, qui est également utilisée dans les arts martiaux et qui permet de contrôler le flux et la puissance des énergies à travers lui.

8/ Je trouve que tu réussis ici à te distinguer finement de la proximité sonore de l’ASMR par exemple, tout en respectant ses intentions de base, justement parce que ta voix apporte des nuances musicales plus vibrantes. En même temps, on reconnaît toujours ta signature vocale : le vibrato unique et maîtrisé, les divers bruitages, les répétitions, le jeu sur le panoramique et la reverb… J’ai aussi l’impression que tu as enregistré tes parties vocales dans des conditions quasi live, presque en prise unique et avec une édition limitée, pour préserver le côté naturel, direct, de ton interprétation. Est-ce le cas ? De même, est-ce que tu appliques des traitements spécifiques sur les prises de voix, pour justement aller dans le sens du bien-être/bien-entendre ?
À vrai dire, je ne connaissais même pas ce mouvement ASMR avant que tu n’en parles ici.
Sinon tu as complètement raison, cet album a été enregistré le plus possible en condition live et impro, que ce soit pour le piano, la voix et les percus vocales et autres.
Pour le piano par exemple, la plupart des morceaux ont été enregistrés au feeling complet en une seule prise. La voix également, mais ça, c’est une marque de fabrique chez moi depuis très longtemps, je branche le micro et j’y vais au feeling, donc je laisse aller, que ce soit pour les mélodies ou les mots. Pour Melliflue et À Clair d’Ailes, je me suis laissé bercer par les ambiances pour chanter le texte qui me venait.
Pour les effets utilisés sur la voix, ils sont assez classiques. J’enregistre avec un micro Lewitt 441 Flex, position « super cardioïd », qui entre dans un pré-amp VP 5051 de TL-audio (que j’ai depuis la fin des années 90, j’ai jamais changé les lampes lol) câblé lui-même à un compresseur T-COMP de chez MindPrint ; je ne change pas les réglages sur ces 2 appareils. Ensuite, j’utilise principalement les plugs d’UAD et notamment le tout nouveau Ocean Way Studios Deluxe, une émulation de grand studio assez complète qui à la fois permet une gestion des placements micros, de compresser, d’équaliser légèrement et d’ajouter de la reverb room. J’utilise aussi ce plug pour le piano.
Je dois également ajouter qu’aujourd’hui j’utilise beaucoup plus Luna Pro comme Daw que Logic Pro. J’adore son côté console et son vintage, analogique, bien que je l’utilise avec ma Rme Fireface UC, donc beaucoup plus pénible pour la latence (je suis obligée d’enregistrer en mutant tous les effets), ça ils devraient gérer le problème mais ils préfèrent pousser à la vente d’Apollo et autres cartes son UAD (rires).

9/ Une question simple, ou peut-être pas si simple finalement : en ces temps incertains, de quoi Seasonal Healing Songs peut-il guérir ?
Y a effectivement beaucoup de choses à guérir…
Si cela permet déjà une relaxation complète, une sieste réparatrice, une contemplation, une méditation, une réflexion, alors le but est réussi. « Guérir » est un terme à spectre large donc chacun y puisera ce dont il a besoin à un moment donné, suivant les saisons ou les humeurs.
10/ J’ai découvert l’album au printemps et, je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai particulièrement apprécié les deux titres Melliflue et Mélancolisme, qui se suivent et se complètent admirablement. Peux-tu nous parler de ces deux morceaux ? Qu’est-ce qu’ils t’évoquent l’un et l’autre ?
Oui bien sûr. Là, nous sommes dans une ambiance hivernale, période plus d’introspection, de cocooning, de spleen parfois…
Pour Melliflue, j’ai découvert ce terme sur le net avec sa définition*, j’ai trouvé qu’il avait une sorte de douceur hivernale trompeuse… Je me suis laissée porter par l’ambiance pour créer le texte directement à l’enregistrement.
▶ * Melliflu, melliflue : qui a la suavité du miel / Qui distille, produit du miel (NdlR).
Mélancolisme, quant à lui, a un côté presque « musique sacrée », solennel, notamment grâce aux voix. Je pense que nous sommes plus sensibles à la mélancolie en hiver, car moins de luminosité, moins de chaleur humaine et, en même temps, c’est une saison noble qui impose une sorte de rigueur, de deuil pour renaître.
11/ Je me demandais si tu avais une méthode d’écriture/composition récurrente… Par exemple, est-ce que tu t’occupes des textes avant la musique ? Est-ce que tu commences par une idée conceptuelle ? Ou tu t’inspires de références, de textures sonores, de pratiques instrumentales, de suites d’accords ?
Oui, je fonctionne toujours quasi de la même manière. Je m’installe principalement au piano et je laisse aller les doigts, ce qui me donne assez vite une suite d’accords que je fais tourner, enrichis et que j’enregistre direct. Ensuite, je construis à partir de cette ambiance.
On peut dire que j’ai une façon assez empirique et intuitive de fonctionner.
À titre d’exemples, certaines de mes mélodies me sont venues sous la douche car souvent quand je travaille sur un nouveau morceau, je fais tourner et notamment lorsque je suis sous la douche (le home stud n’étant pas très loin) et très souvent j’ai une idée de mélodie, que ce soit chantée ou sifflée, et là, eh bien, je me dépêche de sortir de la douche pour aller l’enregistrer (rires).
Autre exemple, le titre À Clair d’Ailes, expression qui n’existe pas, m’est venue en rêve et j’ai trouvé ça génial pour un titre qui symbolisait le printemps, la naissance et l’essor des oisillons… entre peur de prendre son envol et liberté de voler dans les airs.
La Cosmogonie du ZA
12/ Je vois. J’avoue que prendre une douche permet souvent de piocher des idées créatives, car l’esprit n’est pas soumis à d’autres contraintes que celle de fureter… Sinon, avec le recul, est-ce que sur l’ensemble de ton œuvre il y a des morceaux que tu considères plus réussis que d’autres ? Ou qui résonnent plus fort en toi, quelles qu’en soient les raisons ?
Disons qu’évidemment j’ai des préférences pour différentes raisons. Par exemple, un morceau comme Dans l’océan d’un instant, pourtant vieux de plus de 20 ans, a toujours cette force, cette beauté, qui donne encore des frissons à chaque écoute. Il fait aussi partie du premier album enregistré avec des cordes à Londres, ce qui pour moi reste une très, très grande expérience artistique et humaine.

J’ai aussi adoré faire mon album très rock ZaOrganic, et le plus intimiste, Zalanguie.
En fait, sur chaque album, j’ai des morceaux préférés mais ça serait trop long de tous les citer ici (rires).
13/ Du coup, lequel de tes albums de la Cosmogonie conseillerais-tu pour te découvrir ? Peux-tu d’ailleurs nous expliquer en quoi consiste la Cosmogonie ? Et est-ce que Seasonal Healing Songs occupe d’ailleurs une place toute particulière dans ta discographie ?
Ah difficile, tout dépend des préférences de chacun. Je conseillerais donc Zalanguie pour ceux qui aiment une musique intimiste avec des cordes, ZaOrganic pour ceux qui sont plus rock, ZaZen pour ceux qui préfèrent l’électro, Za PoP est le plus accessible, Les Bows de Hurlevent le plus cinématique, ZanaChroniKa le plus conceptuel, Za Roots le plus roots et enfin le dernier, Seasonal Healing Songs, le plus apaisé et méditatif. Sans oublier ZA COVER, des reprises d’artistes connus et que j’ai revisitées complètement.

La Cosmogonie, c’est la création d’un monde mythologique ou imaginaire, ce qui collait bien à l’univers musical et poétique que je voulais créer, avec ce côté spirituel en plus.

14/ Il y a d’ailleurs une question que je veux te poser depuis longtemps : quelle est la signification/traduction du mot “ZA” ? Y a-t-il un concept derrière ?
ZA pour le Z et le A de l’alphabet, donc l’alphabet entier en partant du Z, une façon de dire inconsciemment que tout était ouvert et que je n’allais pas me limiter à tel ou tel style. Plus anecdotiquement, ça faisait joli phonétiquement en l’ajoutant à TeradélieZA (rires).
La Poursuite du Souffle
15/ Ok, c’est plus clair, j’aurais dû y penser ! Poursuivons… Est-ce qu’il y a des musiciens ou artistes avec qui tu aimerais collaborer ? Question subsidiaire : quels albums récents t’ont particulièrement impressionné ?
Oui évidemment, j’aimerais beaucoup faire des arrangements de cordes pour Kate Bush par exemple.
Pour les albums récents, il n’y en a pas vraiment qui m’ont impressionnée – après, tout dépend de ce que tu entends par « récent ». Je peux citer “The seduction of Claude Debussy” d’Art of Noise mais cela remonte à 1999.
16/ Par récent, je voulais dire : que tu as découvert il y a peu de temps… Mais ta réponse me va tout à fait, car je ne connais vraiment pas assez Art of Noise,.. Sinon, revenons à ton actualité. Tu as un projet live (voix et piano) avec Frédéric Volanti, qui sera en quelque sorte le prolongement de ton travail sur Seasonal Healing Songs. Si j’ai bien compris, tu comptes t’adresser à un public plus rural, moins habitué aux prestations live ? Tu nous expliques ?
Pas moins habitué aux prestations live mais surtout moins habitué à un certain répertoire. Il y aura en effet 6 titres repris de Seasonal Healing Songs, des titres de Zalanguie et ZanaChroniKa, une reprise de Bashung, de Guidoni et surtout on va y intégrer des morceaux de Poulenc et Debussy, revisités pour certains en utilisant une voix lyrique.
17/ Tu es connue pour avoir abordé dans tes albums quantité de genres musicaux… Y en a t-il qui te résistent encore ou qui ne t’intéressent simplement pas ?
En fait, je ne me pose pas la question quand je crée un album, les genres musicaux s’y installent naturellement, presque inconsciemment suivant l’humeur du jour je pense…
Parfois, c’est aussi venu de collaborations, comme les morceaux instrumentaux Run et Sleepwalker que Neon Monkey (un musicien allemand) avait composés en grande partie. Ça faisait longtemps que j’avais envie de faire un album plus heavy, plus rock progressif, ça a lancé la machine…
J’écoute aussi beaucoup de choses et de styles différents donc je suppose que ça permet une ouverture plus grande, notamment dans la création. Après, y a aussi des styles qui ne m’intéressent pas vraiment, comme le rap commercial dont on est inondé par exemple.
18/ Ok, après le rap c’est très vaste aussi, mais y a des trucs qui sortent vraiment de l’ordinaire et qui pourraient t’intéresser (Moor Mother peut-être, ou Dalëk pour les textures et la lourdeur…) Je pense aussi qu’il y a vraiment des artistes dans ce genre qui tentent des choses sur l’usage de la voix, et du rythme, tout comme tu le fais toi, mais je ne suis pas assez calé pour des conseils pertinents… Bref, rien à voir, mais si tu devais choisir un nouveau métier, aujourd’hui, ce serait lequel ? Et pourquoi ?
Je crois que je referais la même chose (rires). En fait, avant de faire que de la musique, j’ai travaillé dans la pub et le marketing comme conceptrice-rédactrice.
À propos du rap, j’irai jeter une oreille sur tes préconisations !

19/ En restant un peu dans le contexte de ton dernier album, y a-t-il pour toi une saison que tu préfères ? Ou disons, plus propice à la création ?
J’aime beaucoup le printemps ici à la campagne, surtout pour les champs de colza en fleurs. Quant à la création, peut-être l’automne ou l’hiver, mais il m’arrive aussi de composer en été (rires). D’ailleurs, j’ai enregistré y a quelques jours un nouveau titre au piano, titre de travail « June 26 ».
20/ Est-ce que tu as un film préféré ? Tu nous en parles ? J’imagine que tu as déjà songé à faire de la musique de film, d’ailleurs ?
Pour la musique de film : oui bien sûr, surtout que l’on m’a souvent dit que ma musique provoquait des images chez l’auditeur… J’ai d’ailleurs fait 2 bande-sons pour des courts-métrages et aussi pour une pièce de théâtre, Monsieur Plume de Michaux. Après, il faut avoir un réseau solide pour pouvoir composer sur des films, ce sont souvent les mêmes que l’on voit passer.
Mon film préféré, difficile à dire, il y en a plusieurs dans des styles très différents, je pourrais citer Elephant Man, Les Tontons Flingueurs, La Grande Vadrouille, The Hours, Emilia Perez, Star Wars (les premiers et le tout dernier).
Je suis aussi fan de séries, ça peut aller de Daredevil Born Again à Inside N°9, en passant par Shetland... les Chapeaux Melons évidemment… et pas mal de séries excellentes sur Arte, des polars nordiques aux comédies australiennes…
21/ Très bien, c’est vrai que sur Arte, ils proposent des séries étrangères qui se démarquent du tout venant. Passons à la suite : je te pose la même question qu’à Lucas le mois dernier, et c’est une question que je poserai désormais à chaque fois : est-ce que tu penses à quelqu’un de ton réseau francophone que je pourrais interviewer ? SI oui, qui, et qu’est-ce que tu voudrais lui poser comme question ?
Oui, David Hall dont je viens de faire la connaissance sur fb grâce à ma reprise de Bashung. Il a publié 3 romans, dont un sur Bowie et un bouquin en préparation sur Bashung. Et il est fan de Seasonal Healing Songs.
22/ On arrive à la vingt-deuxième question, qui annonce bientôt la fin de cet échange. Est-ce qu’il y a un sujet supplémentaire que tu souhaites aborder ?
Non, c’est très bien, je crois que nous avons déjà fait un grand tour. Je suis assez bavarde comme tu as pu t’en rendre compte (rires)
23/ D’accord, très bien. Donc pour finir, je te pose ma question traditionnelle : as-tu un héros ou une héroïne (vivant, ayant vécu ou inventé) ? Ou plusieurs peut-être ? Et pourquoi ?
Je ne parlerai pas de héros ou héroïne mais plutôt de gens qui m’ont inspirée : Balzac que j’adore, Poulenc et ses mélodies qui a permis de m’ouvrir à un autre champ de perspectives, Joni Mitchell et Kate Bush pour leurs façons de se ré-inventer sans redondance à travers les époques et les styles. Et j’aime bien comme super-héros les X-Men de Marvel (période BD années 70).

OK, une liste d’inspirations digne de tes productions : très disparate, mais cohérente aussi. Merci pour cet échange Teradélie. Je te souhaite le meilleur pour la suite !
Merci beaucoup à toi Guillaume pour la pertinence de tes questions et l’intérêt pour mon travail musical.
Je t’en prie.
Pour prolonger la lecture de cette interview, furetez sur le bandcamp de Teradélie : une quinzaine de ses albums y sont disponibles. N’hésitez pas à la soutenir ! Vous pouvez également visiter son site web.


Questions intéressantes et réponses fournies. J’avoue avoir été largué à la question 8 mais j’ai beaucoup apprécié la lecture de cet entretien.
Ah, ah, cool ! Ouais, la question 8 est un peu technique !
Merci à toi Lucas pour avoir initié l’interview et ton commentaire ci-dessus.
Oui, la 8 est basée plus spécifiquement sur le matos utilisé 😉