Après avoir interviewé Xavier Boscher le mois dernier, j’ai pensé qu’il serait intéressant de questionner l’excellent critique musical Lucas Biela. Je ne suis pas certain que l’un et l’autre se connaissent*, mais si au sein de mon « réseau » je devais créer une catégorie « explorateurs musicaux », alors ces deux-là y auraient des places de choix. En tant que chroniqueur/intervieweur chevronné (Lady Obscure, Prog Sphere, Highlands, Music Waves, Clair & Obscur) et animateur radio (ISKC radio), Lucas semble particulièrement dévoué à cette cause : il cherche, il critique, il trouve, il partage. Ses explorations s’affranchissent des limites de genre, d’époque et d’origine géographique… d’où la continuité logique avec la démarche prolifique de Xavier. Par ailleurs, l’idée ici d’inverser les rôles m’a séduit : aujourd’hui, Lucas ne pose pas les questions, il y répond.
* après vérification : ils se connaissent de nom et Lucas me souffle dans l’oreillette qu’il apprécie Misanthrope.
Pour une bonne ambiance pendant la lecture de l’article, lancez le flux live de ISKC Radio Active :
Sciences de la Musique
1/ Guillaume : Bonjour Lucas, je suis très heureux de t’interviewer sur le site de The Odd Gallant. Mais avant tout, la base : comment vas-tu ? Est-ce que tu es en forme ?
Lucas : Oui, je garde la forme malgré une deuxième vie (en dehors de mon activité professionnelle) très prise par mes activités d’écriture (chroniques, comptes rendus, interviews, hommages…) et de veille musicale (webradios, émissions bimensuelles).
2/ C’est vrai, je ne l’ai pas précisé dans l’introduction, mais tu travailles aussi dans la recherche clinique – en gros, si j’ai bien compris, tu interviens entre les labos de recherche et la mise sur le marché de médicaments ou de nouveaux dispositifs médicaux. N’hésite pas à me reprendre si je me trompe… Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression qu’il peut y avoir des liens assez francs, peut-être déjà sur un plan de pure méthodologie, entre ce métier et ta passion pour la transmission de la musique. Qu’est-ce que tu en penses ?
Oui, c’est bien cela. Concernant le parallèle entre mes activités professionnelles et mes implications dans le monde musical, je dirais que le lien se retrouve dans la rigueur et la méthodologie. La rédaction des chroniques et des comptes rendus de concert demande une certaine méthode pour ne pas perdre le lecteur. Par ailleurs, je me documente en amont quand je veux parler d’un artiste que je découvre. Mais j’avoue que j’ai beaucoup plus de liberté dans cette entreprise que dans mon job, où les activités répondent à des procédures, une réglementation stricte et des cahiers des charges bien cadrés.
3/ Je comprends, tu t’adaptes aux besoins et en même temps tu affines tes compétences.
Oui, il y a forcément des passerelles entre activités professionnelles et activités extra-professionnelles. Prenons l’exemple du radiologue Arshid Azarine, dont j’avais chroniqué le dernier album studio pour Clair & Obscur. On apprend en lisant les notes qui accompagnent le CD que son métier l’a inspiré dans la composition de ses morceaux. Mais c’est très difficile de passer de l’un à l’autre, surtout quand on est dans un domaine aussi rigoureux que la science d’un côté et, à l’inverse, une discipline qui laisse libre cours à l’imagination. C’est essentiellement la manière dont on traite les activités qui les rapprochent (méthode et rigueur).
Radio Activity
4/ Dans tous les cas, c’est mieux d’être appliqué ! 🙂 Continuons : on se connaît depuis une bonne dizaine d’années je crois. Si ma mémoire est bonne, tu avais fait un article chez Clair & Obscur de mon album AM. Après ça on a gardé le contact et tu m’as même laissé le privilège, à deux occasions, de programmer la playlist de ton émission hebdomadaire sur ISKC radio. Ce qui était vraiment très cool. À propos de cette émission, j’aimerais bien savoir comment tu prépares tes playlists, justement. Est-ce que tu pioches dans les banques d’ISKC, ou est-ce que tu as la liberté d’intégrer tes propres découvertes ? Est-ce qu’on t’impose des limites ? Bref, comment ça se passe tout ça ?
Par rapport aux débuts, le concept de l’émission a un peu changé. Alors que dans les premiers temps, je ne me laissais aucune limite (ça allait de l’ambient au metal extrême), tout en explorant le milieu progressif, je me suis recentré sur des musiques moins radicales. En effet, entre-temps, le site ISKC a étoffé son offre. On est ainsi passé d’une webchannel axée rock progressif à une dizaine de webchannels proposant chacune d’explorer des domaines musicaux différents. Parmi les nouvelles stations qui ont vu le jour, quatre sont gérées entièrement par mes soins. Ce sont : ISKC Blues Café, programmant toute forme de blues, ISKC Extreme Metal au nom sans équivoque, ISKC Hard Rock channel avec du hard, du heavy, du noise rock etc., et enfin celle qui va nous intéresser par la suite : ISKC RadioActive. Celle-ci est alimentée par le contenu de mes émissions, d’où la liberté d’interprétation du nom.

L’idée de cette dernière webchannel était de rassembler des morceaux avec une esthétique similaire, bien que dans des styles différents. Il n’était donc pas question de faire doublon avec les autres webchannels (extreme, prog, blues…). La tâche devenait ardue mais pas tant que ça. En effet, je me suis rabattu sur des musiques comme la world music, le jazz / jazz-rock, la funk/soul, le pop/rock, la folk, l’art-pop, les musiques électroniques, le rock gothique… avec ou sans expérimentation, mais avec un même fil conducteur : la mélodie. Bref, des musiques qui ne passent pas sur les autres webchannels d’ISKC. Cela peut paraître prétentieux de ma part, mais cela permet d’une part d’élargir mes horizons et d’un autre côté, de proposer aux auditeurs des musiques qui pourraient les séduire mais qu’ils n’auraient pas forcément le temps ni l’idée d’aller découvrir. Le premier des deux objectifs mentionnés est lié à ce que je découvre moi-même les artistes quand je programme une émission. En effet, que je pioche dans des vieilleries ou dans des nouveautés, je m’efforce de choisir des musiciens que je ne connaissais pas avant. La contrainte cependant est de ne passer que des artistes que je n’avais pas encore passés dans les émissions précédentes (il y a parfois des exceptions comme tu t’en doutes). Le second des deux objectifs est un gain de temps énorme pour les mélomanes en quête de nouveautés, mais freinés dans leurs recherches par des emplois du temps chargés…
5/ Du coup, est-ce que tu as des intentions spécifiques avec ces émissions ? Quelle est ta posture, en gros ?
Voir plus haut : me mettre à la page dans des styles variés mais riches, et faire découvrir des artistes peu exposés médiatiquement mais dont les qualités sont indéniables.
Chronique de la Raison Pure
6/ Si tu es d’accord, parlons maintenant de tes chroniques d’albums. Pour aborder le sujet, est-ce que tu peux faire brièvement (ou pas) un état des lieux de la presse musicale en France (papier ou digitale, bien sûr) ?
C’est difficile. En France, ce qui est dommage, mais je pense que les autres pays ne sont pas épargnés, c’est que les médias qui ont pignon sur rue, relaient rarement l’information sur les artistes novateurs ou qui privilégient la musique au buzz. Cependant, si l’on veut se tenir au courant en matière d’évolution musicale, le digital tend à supplanter le papier de ce côté-là. La plus grande difficulté pour un webzine est alors de se frayer un chemin à travers la jungle de webzines. Beaucoup se focalisent sur un style particulier (metal, darkwave, jazz…) mais d’autres comme gutsofdarkness ou Clair & Obscur préfèrent voir plus large. Mais il est difficile de parler de ce que l’on maîtrise moins.
Cependant, je pars du principe que l’on n’a pas besoin de connaître toute l’histoire d’un mouvement musical pour en parler. La musique, ce sont des émotions, et celles-ci sont universelles, qu’elles s’expriment en langage folk, ambient ou punk. Je parle pour moi, mais je trouve beaucoup plus enrichissant de s’immerger dans des terres inconnues et d’en faire profiter d’autres personnes tout aussi curieuses que moi, que de suivre un chemin balisé. Cela ne m’empêche pas évidemment de parler de ce que je connais aussi, mais j’aime bien aller à la chasse à l’inconnu, ça me motive davantage. Je digresse par rapport à la question, mais je pense que l’avenir des webzines est dans l’ouverture. C’est bien de savoir que le black metal ou le death metal ne sont pas morts, mais c’est encore mieux de savoir que d’autres styles sont tout autant vivants, voire même qu’ils s’amalgament pour donner des hybrides qui peuvent nous émerveiller, là où les styles bien établis ne nous impressionnent plus, ou moins.

7/ Quelles sont les « dérives », si je peux dire, les plus problématiques, tant de la part des organismes de presse que des artistes ? J’imagine que ça a dû évoluer depuis que tu pratiques…
Je ne les citerai pas mais je sais que certains magazines/webzines ont pour règle de ne pas « descendre » les albums. Cela donne forcément des chroniques biaisées. Mais d’une part, je trouve cela malhonnête vis-à-vis du lecteur qui va acheter le produit et sera ensuite déçu, et d’autre part, cela remet en question la crédibilité du canard en question. C’est pour cela que je conseille à tout mélomane curieux de lire plusieurs articles sur le même produit, et de se faire sa propre idée avec une écoute attentive de l’album. Ce dernier point est rendu facile de nos jours avec la mise à disposition de tous les titres d’un album à sa sortie sur les plateformes comme YouTube ou Bandcamp.
Un autre problème que je vois, c’est que certains webzines ou magazines papier parlent en boucle des mêmes 5 ou 6 artistes, laissant dans l’ombre un nombre incalculable d’artistes tout autant voire plus talentueux. Alors là, je dis aux mélomanes : soyez curieux et fouillez partout où vous le pouvez. Certains artistes ont du talent mais n’ont pas la fibre mercantile. Cependant, le web est un outil formidable pour les dénicher, si tant est qu’on utilise les bons mots-clés. Par ailleurs, on peut aussi écouter des émissions tous azimuts comme celles que je propose, ou lire des webzines sans étiquettes comme gutsofdarkness ou Clair & Obscur.
8/ Est-ce que tu arrives toujours à t’extasier devant de nouvelles propositions artistiques ? Si oui, peux-tu nous citer quelques artistes ou albums qui, d’après toi, planent vraiment loin au-dessus des autres ?
Là, c’est difficile. Mais si je reprends quelques-uns de mes articles récents, je pourrais citer, pêle-mêle [par la suite : « nom de l’artiste groupe – titre de l’album »], dans l’ambient Shrunken Elvis – Shrunken Elvis, dans le metal expérimental Aseitas – Eden Trough, dans le metal black/folk/symphonique Meschera – Жатва, dans la folk/country Evan Bartels – To Make You Cry, dans le genre rétro-funk-psych-anatolien Romano – Güle Güle, dans les singers/songwriters Sarah Mary Chadwick – Take Me Out To a Bar – What Am I, Gatsby?, dans la folk/soul Annahstasia – Live at Glasshaus, dans le rock progressif Moon Letters – This Dark Earth. Et je pourrais continuer ainsi longtemps, mais tu vois, à chaque fois, bien que ce soit des artistes qui me touchent, leur exposition médiatique reste très faible…
9/ À ton niveau, le mieux dans ce cas c’est encore d’être dithyrambique, tu peux initier un appel d’air, peut-être même un succès… D’ailleurs, est-ce que tu peux nous citer ta critique d’album que tu considères la plus réussie ? Puis celle que tu regrettes, s’il y en a une ?
Les plus récentes sont plus développées, alors en voici quelques-unes que j’aime bien relire :
Les moins réussies sont à chercher dans les premières comme celle-ci (trop de références, des phrases trop longues…) :
10/ Avant de t’attaquer à la chronique d’un album, est-ce que tu consultes le travail de tes confrères pour « prendre la température moyenne » ? Ou alors, pas du tout ? Combien d’écoutes, en général, avant de te mettre à écrire ?
Non, j’évite, de manière à ne pas être influencé. En général, j’écoute bien l’album en entier une première fois. Il m’arrive de le laisser de côté plusieurs jours et de revenir dessus. Ensuite, pendant l’écriture je reviens sur des passages pour étoffer l’article d’exemples.
11/ Est-ce qu’il y a des éléments rédhibitoires qui vont te pousser à donner un avis négatif sur un disque ? En d’autres termes, qu’est-ce qui en général n’obtient pas tes faveurs ?
Récemment, je faisais référence à l’excès de voix de tête sur un morceau de Power Paladin (article pas encore publié). A l’inverse, ça peut être des growls qui interviennent sans qu’ils n’apportent rien (je l’avais mentionné pour un album de Temtris). Je peux aussi faire référence à la production, quand celle-ci n’est pas à la hauteur. Mais en général ce sont des détails, car je chronique ce qui me plaît, avec de très rares exceptions où là je n’hésite pas à expliquer ce qui me gêne (le dernier The Cure, le dernier Bruce Dickinson – là c’était surtout des ambiances poussives).
IA vole ?
12/ Ça me fait penser à un sujet, je ne voulais pas forcément en parler, mais je me dis que ton avis va être intéressant. Tu sais, on entend beaucoup de gens critiquer l’envahissement des IA génératives dans de nombreux secteurs artistiques, et à raison, car il y a des pratiques qui peuvent déranger, c’est évident. Cependant, dans la musique en particulier, il y a un point qui me semble important et dont je n’ai pas encore entendu parler. On dit souvent que les IA ne sont pas « créatives », elles ne proposent rien de neuf puisqu’elles vont piocher dans des références, des banques de sons existantes, etc… le résultat est ce qu’il est, ça peut être impressionnant, inquiétant, ou complètement raté. Pour autant, est-ce vraiment un problème dans la mesure où la quasi totalité de la production musicale est déjà une copie d’une copie d’une copie… Ce que je veux dire, c’est que si tu regardes dans n’importe quel genre musical, aujourd’hui, en tout cas, ça devient très difficile de distinguer les artistes les uns des autres. Ils sonnent tous pareil, ils chantent tous pareil, ils composent tous pareil, on s’engouffre dans des clichés ou des tendances, etc… C’est la norme d’être identique, de faire comme… Du coup, quelle est la différence de propositions entre la musique générative d’IA et tous ces groupes/artistes qui se ressemblent ? Alors que c’est justement l’occasion – pour ne pas dire l’obligation – de tenter de repousser les frontières, d’expérimenter, et au final… d’essayer d’être un peu unique ? Bon, la question est un peu longue, désolé, mais… qu’en penses-tu ?
Oui, tu as raison, le seul avantage que je vois à l’IA en musique, c’est de pousser les artistes à aller au-delà de ce qui a déjà été fait.
13/ On peut espérer que c’est ce qui se produira… mais ça devient tellement facile pour des non-musiciens de proposer du contenu qu’on peut craindre aussi une baisse de motivation chez les artistes…
Utiliser l’IA pour reproduire un album dans un style existant n’a strictement aucun intérêt, sinon de berner les auditeurs et de se faire de l’argent facilement. Malheureusement, au vu de la masse d’albums génériques qui sort, je n’ai pas l’impression que l’IA incite les artistes à sortir de leur zone de confort. Et c’est bien dommage.
14/ Exact. Dans l’interview que j’ai faite de Xavier Boscher, le mois dernier, je lui posais cette question : « le grand public manque-t-il de culture musicale ? Si oui, comment éveiller les curiosités ? » Et bien tu t’en doutes, c’est une question que j’ai envie de te poser à toi aussi. Quel est ton avis là-dessus ?
Il faut être curieux, c’est aussi simple que ça. Éviter de suivre les tendances, chercher par soi-même. Aujourd’hui, avec internet, on n’a plus d’excuses pour ne pas dénicher des perles ou se forger une culture musicale. Mais on vit aussi dans un monde où en une journée, il sort autant d’albums qu’en un an dans les années 80. Alors, il est bon de bien connaître ses classiques pour éviter de se faire avoir par une énième copie d’un artiste d’antan. C’est ça la recette : commencer par bien connaître tous les classiques (tous styles confondus), et ensuite sur cette base, trier le bon grain de l’ivraie dans la masse de sorties actuelles.
La Nature des Goûts
15/ Quels sont tes genres musicaux de prédilection ? Ceux où tu reviens toujours, qui te procurent le plus d’émotions ?
C’est vaste : le metal, les mélanges musiques du monde/jazz, le jazz-funk, l’ambient, la folk/country, le classique, les vieilleries progressives, les vieilleries blues…
16/ Ça me fait penser à une autre question : Quels sont les artistes qui t’ont le plus impressionnés sur scène ? Et pourquoi ?
Imperial Triumphant pour l’ambiance poisseuse et maléfique qu’ils arrivent à créer,Sunn O))) pour à peu près les mêmes raisons, Ariana Vafadari pour sa voix subjugante, Patrick Rondat pour sa fluidité et son humilité, Michelle David pour sa fougue, Radjha Ally pour son chant ébouriffant, Ann O’aro pour son univers très sombre, Sarāb pour leur musique barrée, Sarah McCoy pour sa voix envoûtante et son mélange surprenant de blues, de soul et de trip hop…
17/ T’arrive-t-il parfois de réévaluer – en bien ou en mal – l’intérêt d’un album studio après avoir vu l’artiste défendre les titres sur scène ?
Certains artistes (souvent pop ou world) me plaisent nettement plus sur scène, car il n’y a pas d’overdubs ou de traitements qui entameraient la fibre « traditionnelle » ou « world » de leur musique. Je sais, j’ai l’air d’un vieux con en disant ça, mais certains traitements studio me laissent de marbre (comme ce qu’on entend dans les musiques qui font le buzz). C’est moins le cas dans le rock ou le metal où la prestation sur scène conforte mes impressions sur album.
18/ Est-ce que tu peux me citer des chroniqueurs musicaux de référence pour toi, c’est-à-dire qui t’ont inspiré (s’il y en a bien-sûr) ?
Je ne sais pas s’ils m’ont inspiré mais sur Metal Archives, hells_unicorn et bayern, sur gutsofdarkness, Dioneo et Shelleyan, sur Clair & Obscur, mes collègues Fred N, Jérémy, Thierry et Palabras de Oro.
19/ Puisque tu pratiques l’écriture, est-ce que tu déjà envisagé de travailler sur d’autres formats que les chroniques, les interviews ou les reports de concerts ? Par exemple, de la fiction, des essais, de la poésie ? Est-ce que tu te sens créateur toi-même ?
Non, mais effectivement certains, après avoir lu mes articles, me l’ont suggéré. Qui sait, peut-être à l’avenir ?
20/ Question bête, mais la musique, c’était mieux avant ?
Je ne dirais pas que c’était mieux avant. La musique évolue. Rien que dans le metal, il est difficile de comparer un album de Cannibal Corpse des années 1990 avec un album de Judas Priest des années 70. Cependant, il faut noter que cette évolution tend à stagner ces derniers temps. Il est en effet devenu difficile d’innover. Alors qu’avant on était ébahi devant de nouveaux styles (thrash, black, trip hop…), on recherche maintenant la qualité dans ce qui ressemble à ce qui se faisait avant.
This is the End
21/ Dis, en préparant mes questions j’ai pensé à une idée que j’aimerais mettre en place dorénavant : demander à la personne interviewée qu’il ou elle me suggère d’interviewer quelqu’un de son réseau francophone (plus simple), peu importe son activité. Le but serait de faire une sorte de « chaîne d’interviews ». De fait, est-ce que tu penses à quelqu’un ?
Oui, quelqu’un que tu connais bien et avec qui je corresponds régulièrement, Teradélie.

22/ Voilà, on arrive à la fin de cet échange. Est-ce qu’il y a un sujet supplémentaire que tu voudrais aborder ?
Oui, je ne l’ai pas évoqué précédemment, mais j’ai fait quelques interviews pour ISKC. On les trouve dans la section correspondante du site. L’éclectisme est à nouveau à l’honneur puisqu’on y trouve aussi bien Robben Ford (blues/jazz) que Riki (synthpop), Niklas Paschburg (ambient/néo-classique) ou encore Black Sites (metal progressif). Une des interviews me fait néanmoins monter les larmes aux yeux quand je la relis. Il s’agit de celle du chanteur Tim Aymar (Control Denied (le projet parallèle de Chuck Schuldiner de Death), Pharaoh, Helios). Ce musicien très prolifique a en effet rendu l’âme moins d’un an et demi après l’interview.
23/ Très bien, merci pour ces précisions. Je vais aller lire ça… Maintenant, je te pose la question traditionnelle pour terminer : as-tu un héros ou une héroïne (vivant, ayant vécu ou inventé) ? Ou plusieurs peut-être ? Et pourquoi ?
Oui, mon avatar Clair & Obscur : Winnie l’Ourson. Rêveur et gourmand (de musique) à la fois.

Merci beaucoup Lucas pour le temps que tu m’as consacré et bravo pour ta réactivité !
Les émissions de Lucas sur ISKC Radio sont programmées tous les jeudis en quinzaine, entre 21h et 23h. La prochaine sera le 14 mai 2026. Ça vaut le coup d’y aller jeter régulièrement ses deux oreilles !

