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Interview David Hall : des Masques à la Plume

David Hall - Portrait paysage

Il y a quelques semaines, j’ai lancé le concept de la « chaîne de l’interview ». Le principe est plutôt basique : demander à la personne interrogée de me recommander un contact de son réseau pour que je l’interviewe ensuite. L’objectif principal, pour moi, est d’aller à la rencontre d’individus et de projets que je n’aurais pas eu l’opportunité ou l’idée d’approcher autrement. C’est ainsi que le chroniqueur musical Lucas Biéla m’a d’abord orienté vers la chanteuse Teradélie, qui a eu la bonne idée, quant à elle, de passer le relais à l’auteur David Hall.

David a publié plusieurs ouvrages : des (auto)fictions (Hautes Fréquences, Vertiges des Sentiments), et de la non-fiction (Zenlife, un guide de développement personnel).

D’une certaine manière, cette notion de « chaîne » et de différents maillons résonne tout particulièrement avec le dernier ouvrage de David, Réinvention, dans lequel sont commentées les étapes et les métamorphoses incessantes d’un parcours artistique devenu légendaire : celui de David Bowie.

Aujourd’hui, parlons donc de… David.

Pour vous ambiancer pendant la lecture, vous pouvez lancer l’album « Low » qui, dans l’ensemble, est assez tranquille :


Absolute Beginners

1/ (Guillaume) Bonjour David, avant tout je te remercie d’avoir accepté cette interview. Je suis ravi d’échanger avec toi, et en particulier sur les sujets que nous allons aborder aujourd’hui. Teradélie a eu une bonne idée de nous mettre en relation ! Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, comment vas-tu ?

(David) Bonjour Guillaume, je vais très bien, et je tiens avant tout à te remercier pour cette interview, et à Teradélie qui en a eu la bonne idée.

2/ Nous allons donc évoquer David Bowie à travers Réinvention, l’ouvrage que tu lui as consacré. Mais avant ça, si tu le veux bien, on pourrait expliquer que Bowie tenait déjà une place essentielle – motrice même ? – dans ton roman Hautes Fréquences. De fait, est-ce que tu peux présenter ce premier livre et définir le rôle qu’a joué, et joue toujours,  le “Maître du Rock” dans ta vie ?

En effet, David Bowie apparaît dans Hautes Fréquences, une autofiction qui raconte le parcours de mon frère (décédé en 2000), chanteur et claviériste d’un groupe new wave local dans les années 80. Il y est beaucoup question de musiques et de Bowie qu’il admirait. C’est donc par son intermédiaire que je découvre le “Maître” qui demeure depuis LA référence absolue. J’aime dire qu’il y a Bowie… puis les autres. J’écoute tout un tas de musiques : du rock anglais, de la new wave principalement, mais je reviens toujours à lui. Sa musique est pour moi une source inépuisable de “good vibrations”.

J’écris dans le livre que sa musique contribue à rendre ma vie meilleure, que les choses les moins bonnes deviennent un peu meilleures et que les bonnes le deviennent encore plus. Voilà, pour moi, Bowie c’est ça !

Hautes Fréquences, de David Hall

3/ Pour faire simple, et en quelques mots, comment pourrait-on résumer  David Bowie à quelqu’un qui ne le connaît pas, ou qui le connaît mal, et qui souhaiterait le découvrir ?

Si les Beatles ont révolutionné le rock, Bowie l’a magnifié, tout simplement, en se réinventant constamment. Il est arrivé à une époque où tout était encore à créer, alors il a tout expérimenté sur le plan musical, avec souvent une longueur d’avance sur le rock, la pop, la soul, le funk, la new wave, l’électro, tout en inventant à chaque fois des looks totalement incroyables. Bon, désolé Guillaume, c’est plus que quelques mots…

Station to Station

4/ Dans Réinvention, on perçoit dès les premières pages ta fascination pour l’œuvre de Bowie, ainsi que le plaisir passionnel que tu as toujours eu à la “consommer”. En découvrant la structure de ton texte, je me suis demandé quels avaient été tes objectifs et tes motivations avant d’en entamer la rédaction. Pour toi, déjà, à qui devait s’adresser ce livre ? Et en quoi était-ce important de transmettre ainsi ton “expérience” de Bowie à autrui ?

C’est avant tout un hommage d’un fan. Je parle de Bowie sous un angle différent de ce qu’on peut lire dans les biographies traditionnelles. Il est question de ma fascination pour le chanteur, de sa riche discographie, de son come-back et du jour où j’ai appris sa disparition. J’avais vraiment envie et besoin d’écrire sur celui qui me fait vibrer depuis quarante-trois ans, et de faire partager ma passion. Mais aussi, je l’espère, de susciter chez certains, qui ne connaîtraient que ses hits, l’envie d’explorer davantage l’univers captivant de Bowie.

Réinvention, de David Hall

5/ Est-ce que l’état d’esprit de Bowie (si je peux dire), ce besoin de se démultiplier, de brouiller les pistes, de chercher de nouvelles expériences, de lancer de nombreux projets, d’alimenter constamment sa curiosité artistique… est-ce que tout cela a influencé la construction de qui tu es ? Ou est-ce que c’était déjà là, et que c’est la raison pour laquelle tu as été sensible à sa vision de créateur ? 

Je ne sais pas, en tout cas, il est extraordinaire de voir comment il a mené sa vie. Une vie tellement multiple, tellement complète. Il a toujours été avide de nouvelles explorations artistiques. Tout semblait l’intéresser : la peinture, l’art, le théâtre, le cinéma, la mode, l’histoire, toutes les nouvelles technologies. C’était un lecteur vorace qui ne se déplaçait jamais sans sa bibliothèque portative. Bowie était véritablement un innovateur, un visionnaire, un artiste total et accompli. Forcément, ça suscite le respect !

6/ Ton livre incite le lecteur à porter son intérêt au-delà des hits et des albums les plus connus de Bowie, ne serait-ce que pour prendre la mesure de son influence dans la musique moderne. Cependant, est-ce que son œuvre, parce qu’elle est d’une nature protéiforme, n’a pas pour vocation de rester opaque au grand public, surtout de nos jours où le flux de création, pour le divertissement de masse, a tendance à se lisser et s’uniformiser ? 

Je trouve tellement excitant de découvrir un artiste dans son entièreté. Les tubes, c’est bien, ce qui se cache derrière est souvent mieux. Dans mon livre, je fais référence à des titres moins connus qui valent franchement le coup d’être découverts ou redécouverts comme Some Are, South Horizon, African Night Flight ou encore Scream Like A Baby que j’ai écouté des milliers de fois ! Lorsque je parle de découvrir un artiste, ce n’est évidemment pas par le biais de streaming musical où l’on picore à droite et à gauche une ou deux minutes un titre avant de passer à un autre…

7/ Paradoxalement, j’ai toujours le sentiment que Bowie, malgré ses prises de risques et ses « expérimentations », cherchait le plus souvent à rester accessible au plus grand nombre, se refusant d’aller au bout de sa radicalité… comme s’il avait eu pour but de capter son époque et d’initier des tendances… Dans ton livre, tu mentionnes régulièrement ses collaborateurs – souvent des pointures de l’époque – et tu cites aussi certains des albums les plus marquants sortis en même temps que ceux de Bowie, la plupart gravitant dans un univers relié… Pour moi, il y a toujours chez lui, je trouve, ce côté “j’appartiens à cette époque et j’essaie de la marquer” plutôt que “je fais complètement ce que je veux” à la manière plus confidentielle d’un Mike Patton ou d’un Devin Townsend… Son album concept Outside, par exemple, est l’un de ses plus difficiles d’accès (c’est aussi mon préféré je crois, il y a des moments géniaux et splendides), pour autant le côté pop reste palpable, et de plus en plus présent au fur et à mesure que le disque avance…  Pour résumer, est-ce que son génie était précisément d’incarner ce passeur capable de rendre l’avant-garde accessible, ou est-ce que son statut de star le contraignait à ne pas être “assez libre” ? Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu peux m’éclairer à ce sujet ?

Je crois au contraire qu’il composait la musique qu’il souhaitait sans forcément chercher à séduire le grand public, et ses prises de risques le prouvent. Lorsqu’il sort The Buddha Of Suburbia en 1993, et Outside en 1995, il devait se douter qu’il n’allait pas en vendre des millions, alors que ce sont pourtant des albums fantastiques. Il aurait pu surfer sur le succès en sortant par exemple un Let’s Dance n°2 (ce que Nile Rodgers avait espéré lorsqu’il a retravaillé avec lui sur Black Tie White Noise en 93), mais ça ne l’intéressait pas. 

Outside – David Bowie

8/ À propos d’incarnation, parmi tous ses avatars (Ziggy Stardust, The Thin White Duke, le résident berlinois, etc.) quel pourrait être celui qui lui ressemble le plus ? Parce que, finalement, est-ce que l’on connaît vraiment “David Robert Jones” ?

Chaque album était une évolution/révolution musicale. Il incarnait réellement chaque personnage qu’il créait. Chacun de ses avatars était son propre prolongement. Il en était l’incarnation même. Je ne suis pas certain que quelqu’un connaisse vraiment David Jones (à part Iman et Coco Schwab, sa fidèle assistante), mais il est certain qu’il vient d’une autre planète !

Sound and Vision

9/ C’est peut-être matière à débat, mais on peut soutenir que David Bowie a hissé à son plus haut niveau une certaine vision anglaise de la création artistique et du divertissement. On a toujours ce sentiment chez lui que l’art n’a pas à être pesant : il se joue du fond comme de la forme avec un côté parfois superficiel assumé, alors qu’en réalité, c’est sa façon d’accéder à une vraie profondeur… Tout devient possible, tout est matière à devenir substance créative… De ce que tu en sais, comment Bowie jugeait-il son propre travail ? Quelle distance, quel regard ? Le sait-on ?

Il n’aimait pas ce qu’il a fait dans les années 80 (il préférait s’adonner à son autre passion, la peinture), Let’s Dance (1983), Tonight (1984) et Never Let Me Down (1987) restent pour lui une période bien peu inspirante. Ceci étant, il a de quoi être fier du reste…

10/ On évoque souvent ses talents de compositeur, d’interprète, de styliste, et peut-être pas assez ceux d’auteur… Tu as écrit qu’il aimait les mots pour les sonorités qu’ils faisaient, mais au-delà de ça, est-ce qu’il y avait des thématiques récurrentes dans ses textes, des obsessions, des attirances ? Des références littéraires marquantes, peut-être ? 

Il y a des thèmes qui reviennent souvent : l’aliénation, la solitude, la mort, la religion, le sexe, la dystopie. Chez lui, ses textes ne sont pas toujours très compréhensibles, ils sont même souvent énigmatiques. Il a souvent eu recours à la technique du cut-up qui consiste à découper un texte de long en large et de rassembler les morceaux de manière aléatoire dans le but de former des paroles surréalistes qui, parfois, n’ont de sens que pour celui qui les chante ! 

David Bowie, par Carolyn Djanogly

11/ Cela m’amène à cette question : pour toi, quel est son plus beau texte ? Celui qui te touche le plus ?

Lazarus, dans lequel il met en scène sa mort imminente…

Ce sera comme ça et pas autrement, tu sais

Que je serai libre

Oui, je serai libre.

(Extrait de Lazarus – Blackstar, David Bowie, traduction par Murielle Mobengo)

12/ J’adore Lazarus moi aussi, qui est un morceau fantastique… Passons à la suite, si tu veux bien : y a-t-il chez Bowie des éléments — directs ou périphériques — qui ont pu t’agacer, ou du moins nuire à l’accueil de son œuvre ? Je pense notamment à son versant business (que moi je trouve plutôt très cool) : la mise en bourse de ses droits d’auteur (Bowie Bonds), la création de la BowieBank, ou le lancement de son propre Fournisseur d’Accès Internet (BowieNet). Est-ce que cette démarche de pionnier financier et technologique cadrait toujours avec le personnage artistique, autonome ? (Petite remarque en passant : il semblerait que Bowie n’était pas le premier artiste à mettre en ligne un site web personnel, comme c’est indiqué dans Réinvention ; avant lui il y a eu au moins Megadeth, Marillion, Prince, Trent Reznor, Aerosmith et, dans une autre mesure, Pink Floyd avec son énigme Publius, mais là ce n’était pas un site web officiel…) 

Qu’il ait lancé la BowieBank, les Bowie Bonds, le BowieNet, prouve qu’il était aussi un pionnier en matière de nouvelles technologies.

Ce qui m’agace (un peu), c’est que certains fans dénigrent systématiquement Let’s Dance. Je comprends que pour les puristes, il y ait un décalage avec ses œuvres passées, mais tout de même, cet album (10 millions d’exemplaires vendus) comporte les superbes Ricochet et Modern Love, quant au morceau Let’s Dance, au casque et à fond, c’est énorme ! 

13/ Oui, c’est assez mythique… D’ailleurs, que penses-tu de Pink Floyd et des ponts francs qu’il peut y avoir entre leur œuvre et celle de Bowie ? Évidemment, il y a d’abord la figure matricielle de  Syd Barrett, mais ensuite, n’y a-t-il pas ici quelque chose de complémentaire ?

Le personnage de Syd Barrett fascinait Bowie. D’ailleurs, il reprendra l’excellent See Emily Play sur son album Pin Ups en 73 (et Comfortably Numb lors d’un concert de David Gilmour en 2006). Pink Floyd et Bowie ont chacun à leur manière révolutionné leur époque, mais personnellement, j’ai une préférence pour le Pink Floyd de Barrett. 

14/ Tu sais, lorsque Teradélie m’a proposé de t’interviewer, j’étais en train de lire le roman Les Résidents, de Maurice Dantec, auteur que je n’avais pas lu depuis une bonne dizaine d’années et qui d’ailleurs est parti lui aussi en 2016, 4 ou 5 mois après Bowie… Dans ce livre, peut-être le sais-tu, David Bowie tient une place toute particulière, surtout via l’usage du morceau Suffragette City. Dantec, qui est un grand fan (pour lui, Bowie a entre autres créé la première œuvre cyberpunk avec Ziggy Stardust), écrit dans ce livre : “David Bowie est le seul artiste à avoir compris que la pop culture n’était pas un divertissement, mais une technologie théologique. Il ne s’est pas contenté de jouer les stars du rock : il a joué à Dieu avec les fréquences, les masques et la matière même du temps. “ Est-ce que, quelque part,  tu es d’accord avec ça ?

Je ne connais pas ce livre mais je trouve la citation amusante et réaliste. 

Where are we now?

15/ Dans Réinvention, tu déclares que c’était l’un de tes rêves de publier un livre sur Bowie. Maintenant que c’est chose faite, est-ce que tu as le sentiment d’une “complétude” ? Ou est-ce que tu attends que cet ouvrage, justement, prolonge d’une quelconque manière ton histoire avec Bowie ?

Je n’ai pas l’impression que ce livre soit une sorte d’achèvement, mais plutôt la continuité de mon histoire avec Bowie. Une histoire sans fin…

16/ Dans ton livre, tu écris aussi que si tu l’avais rencontré, lui (ou l’un de ses avatars), tu n’aurais pas forcément su quoi lui dire. Pourtant, à la lecture, on sent qu’au contraire, les sujets possibles auraient pu être sans limite – après tout, tu es un spécialiste du sujet. Bref, si tu avais pu l’interviewer, est-ce qu’il y a une question spécifique que tu aurais voulu lui poser et à laquelle, à ta connaissance, il n’a jamais répondu ?

Je suis davantage un passionné qu’un spécialiste. Jérôme Soligny, lui, est un expert du « Maître ». Une question ? « Qu’avez-vous fait pendant ces dix ans d’absence jusqu’à The Next Day » ?

17/ S’il y en a, quels sont les héritiers de Bowie ? Musicalement, thématiquement aussi et peut-être formellement ?

Des héritiers, il y en a plein : Oasis, The Cure, Suede, Radiohead, U2, Depeche Mode, Placebo, Bjork, Beck, Pixies et tant d’autres. Je me souviens que lorsque je lisais les magazines Best et Rock and Folk, dans les années 80/90, il n’y avait pas une interview d’un artiste sans que celui-ci ne cite le nom de Bowie dans ses influences.

Rock & Folk n°387 – 1999

18/ Je pensais à Bjork aussi, peut-être aussi à Damon Albarn (en particulier avec Gorillaz)… Autre chose : est-ce que tu as eu des retours de lecteurs, pour Réinvention ? En particulier de la communauté de fans de Bowie, qui semble très active ?

J’ai de très bons retours. L’angle choisi pour ce livre semble avoir été apprécié par les fans et ça fait bien plaisir.

Ashes to Ashes

19/ Venons-en à ton prochain livre. De ce que j’en sais, tu prépares quelque chose sur Alain Bashung : ça m’intrigue et m’attire car, je dois le dire, Fantaisie Militaire et surtout l’Imprudence sont deux de mes albums préférés en langue française. L’Imprudence va même au-delà, selon moi. C’est un chef-d’œuvre qui ne ressemble qu’à lui-même et qui prend un peu plus d’épaisseur à chaque nouvelle écoute. Tu peux nous dire quelques mots sur ton projet ou c’est encore prématuré d’en parler ?

Je te rejoins complètement. Ce sont deux albums sublimissimes. L’imprudence est le disque ultime de la chanson française. Bashung devient intouchable, il touche du doigt l’éternité avec cet album hors-norme, sombre, audacieux et incroyable.

Effectivement, je commence à rassembler quelques idées pour un futur livre, avec, pourquoi pas, la participation d’un invité spécial…

L’imprudence – Alain Bashung

20/ Pour toi, est-ce qu’il y a une filiation entre Bowie et Bashung ? En toute franchise, je crois deviner connaître ton positionnement à ce sujet, si je me fie au choix de ton pseudonyme… 

Mais oui, absolument ! On a parfois comparé le travail de Bashung à celui de Bowie, dans sa capacité à changer de style et de s’inspirer des idées de ses musiciens pour les retravailler et en extraire quelque chose de génial. Il utilisera parfois la méthode du cut-up (comme le fera plus tard Radiohead), si chère à Bowie, et travaillera sur son dernier album avec Mark Plati, l’un de ses musiciens et producteurs.

21/ En tout cas, si on en revient à cette thématique de “chaîne”, on réalise que ta production personnelle suit un chemin cohérent, où chaque proposition est reliée aux autres par des idées ou des sujets communs, tout en s’orientant vers d’autres territoires. La question que cela m’inspire est la suivante : est-ce que tu t’imposes des limites dans ton “champ des possibles” ?

C’est vrai qu’il y a un fil conducteur dans chacun de mes livres, excepté pour Les Vertiges des Sentiments… Non, ma limite est…illimitée (sourire).

22/ L’interview arrive malheureusement à sa dernière partie… C’est le moment où je place la question “chaîne de l’interview”. Donc : est-ce que tu penses à quelqu’un de ton réseau que je pourrais interviewer ? SI oui, qui, et est-ce qu’il y a une question que tu voudrais que je lui pose ?

Oui, je pense à quelqu’un en particulier qui t’intéressera sûrement. Mais pour l’instant, si ça te va, je préfère garder son identité confidentielle et lui demander son accord. Pour la question, évidemment j’en ai une, on verra donc ça plus tard donc ! Ah ah.

23/ Excellent, je suis bien curieux maintenant. J’attends donc ton retour à ce sujet. Sinon, avant de tout à fait terminer notre échange, quels sont tes derniers coups de cœur musicaux ? Ou bien coups de cœur artistiques, d’ailleurs, film, série, livre, concert, jeu  vidéo, photo… quelque chose qui t’a marqué…

Mon dernier coup de cœur musical est Ensoulment (2024), le très bel album de The The. J’avoue ne pas être exalté par la musique actuelle, j’écoute surtout de vieux trucs comme récemment XTC et Prefab Sprout, de véritables joyaux éclatants de la pop anglaise.

Mon dernier live visionné : The Cure : “40 live-1978/2008”. Un must !

Dernier bouquin dévoré : Les chambres noires de Lee Miller, une bio passionnante sur l’incroyable parcours de la célèbre photographe de guerre.

Dernier musée adoré : La Maison Gainsbourg. Un lieu détonnant.

24/ Enfin, est-ce qu’il y a un sujet que tu voudrais qu’on aborde ? N’importe quoi, à ton bon plaisir…

Non, je ne vois pas…

Heroes

25/ Je finis toujours les entretiens en demandant à la personne interviewée si elle a un héros vivant, ayant vécu, ou inventé… Bon : dois-je te poser la question ?

Oui tu peux, car en plus du « Maître », j’ai d’autres heroes comme David Sylvian, Peter Gabriel, Kate Bush, Gainsbourg et Bashung, des artistes hors pair, des novateurs que j’aime énormément. Puis, dans un autre registre, Charlie Chaplin et Alfred Hitchcock, qui sont pour moi les « Maîtres » absolus du cinéma.

Gainsbourg & Bashung
Gainsbourg & Bashung, par Bernard Leloup – Paris Match

Merci David pour ton investissement et ta générosité ! Grâce à toi, je redécouvre David Bowie, et mieux, je l’approfondis – tu vas me dire, c’était l’objectif de ton livre et c’est donc réussi. Je te dis à bientôt, en attendant ton prochain livre, qu’il soit consacré à Bashung ou pas…


David Hall - Portrait paysage
David Hall

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